Toxicité par contact cutanéomuqueux

Population exposée

Les plantes fréquemment responsables de dermatoses

Les troubles induits par contact


Toxicité par contact cutanéomuqueux

Population exposée

Les lésions cutanées sont consécutives à un contact direct ou indirect avec la plante ou l'un de ses constituants. Par conséquent, elles concernent principalement les personnes en contact avec des plantes d'appartement, les promeneurs, les fleuristes, les jardiniers, les horticulteurs, les agriculteurs et tous les professionnels travaillant au contact du monde végétal et de ces divers dérivés (alimentation, exploitation forestière, parfumerie...)


Les plantes fréquemment responsables de dermatoses

• En ville (plantes d'appartement) : Dieffenbachia (Dieffenbachia sp.), Poinsettia (Euphorbia pulcherrima Willd.)...


Dieffenbachia


Poinsettia

• Dans les jardins : Lierre grimpant (Hedera helix L.), Troène (Ligustrum vulgare L.), Thuya de Lobb (Thuja plicata D. Don)...


Lierre grimpant


Troène


Thuya

• A la campagne : Renoncules (Ranunculus sp.), Chélidoine (Chelidonium majus L.)...


Renoncule


Chélidoine


Les troubles induits par contact

Contact avec la peau

• Dermite irritative

C'est une réaction inflammatoire indépendante de tout mécanisme immunologique et uniquement consécutive à une irritation d'origine mécanique (plante munie d'épines, aiguillons, poils...) ou chimique (substance vésicantes, urticantes ou caustiques).

Plantes incriminées
Aconit, Anémone, Anthurium, Aristoloche, Arum, Bryone, Buis, Chélidoine, Chèvrefeuille, Ciboulette, Colchique, Crocus, Daphné, Dieffenbachia, Échalote, Elaterium, Eucalyptus, Euphorbe, Jacinthe, Laurier-rose, Mouron rouge, Oignon, Oranger, Oseille, Parisette, Perce-neige, Phytolacca, Poinsettia, Poireau, Radis, Renoncule, Ricin, Sceau-de-Salomon, Tabac, Tamier, Thuya, Tomate, Troène, Vigne vierge...

Diagnostic
Lésions inflammatoire limitées aux zones de contact (mains, avant-bras, jambes) et éventuellement au niveau des muqueuses (œil, nez) par transport manuporté.

• Dermite allergique

C'est une réaction immunologique induite par contact avec un allergène végétal.

Plantes incriminées
Achillée, Ail, Alstromère, Ambroisie, Anis étoilé, Anis vert, Armoise, Artichaut, Arnica, Asperge, Camomille, Cannelle, Chicorée, Chrysanthème, Citronnelle, Coquelicot, Dahlia, Dieffenbachia, Endive, Eucalyptus, Euphorbe, Ficus, Gingembre, Ginkgo, Jasmin, Laitue, Laurier-sauce, Lavande, Lierre, Magnolia, Marguerite, Menthe, Œillet d'Inde, Pissenlit, Poinsettia, Primevère, Sumac, Thym, Tournesol, Tulipe, Vanillier, Verge d'or...

Diagnostic
Eczéma, lésions à caractère érythémato-œdémateux, accompagnées de prurit intense, évoluant avec formation de vésicules pouvant se surinfecter. On peut également constater une hyperkératose péri-  ou sous-unguéale. Le caractère allergique des lésions, de même que la nature de l'allergène responsable est confirmé par un dermatologue grâce à des tests cutanés.

• Érythème polymorphe

C'est une réaction similaire à la précédente associée à des lésions très caractéristiques en "cocarde" de 1 à 2 cm de diamètre où la zone périphérique, érythémateuse, entoure un centre cyanotique ou purpurique.

Plante incriminée
Primevère

Diagnostic
Basé sur l'aspect très caractéristique des lésions.

• Phytophotodermatose

C'est une réaction cutanée qui survient lors d'une exposition au soleil suite à un contact avec un végétal renfermant des furocoumarines.

Plantes incriminées
Agrumes, Angélique, Berce, Bergamote, Carotte, Céleri, Coquelicot, Figuier, Fraxinelle, Millepertuis, Panais, Persil, Rue...

Diagnostic
Lésions de type "coup de soleil" sur les zones découvertes dans les 2 jours suivants l'exposition.

• Urticaire de contact

C'est une réaction accompagnée de démangeaisons et d'œdèmes.

Plantes incriminées
Ortie, Pariétaire, Ricin...

Diagnostic
Lésions de type papules œdémateuses associées à un prurit.

Contact avec la bouche

Ce type de toxicité est lié à la mastication de plantes renfermant des principes caustiques ou irritants : oxalate de calcium (Dieffenbachia, Philodendron, Yucca), résine ou latex (Poinsettia, Sumac, Euphorbe), lactones (Renonculacées). Ces intoxications concernent principalement les jeunes enfants insuffisamment avertis du risque lié au fait de porter des plantes à la bouche, mais aussi des promeneurs qui mâchonnent un végétal durant une randonnée.
Les signes initiaux de l'intoxication sont un fourmillement ou des picotements des lèvres, une sensation de brûlure au niveau buccal, un gonflement de la langue avec œdème buccolabial, entraînant une gêne pour déglutir et s'exprimer. On peut également observer l'apparition de vésicules dans la bouche ou le pharynx, une hypersalivation et une polydipsie.
Dans les cas graves, les lésions touchant l'oropharynx peuvent engendrer dysphagie, dysphonie et enfin œdème laryngé accompagné de troubles respiratoires.

Contact avec les yeux

L'intoxication survient par contact direct avec l'œil (projection de sève ou de résine en coupant une plante) ou par contact manuporté de l'agent responsable vers l'œil.
On observe rapidement une irritation (conjonctivite) avec larmoiement, rougeur, gêne oculaire... pouvant évoluer dans les cas graves vers une kératite avec risque d'ulcération de la cornée et de baisse de l'acuité visuelle.



 

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Dernière mise à jour le 23/09/2005 à 10:37:45